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Naissance de la vieillesse

Naissance de la vieillesse

Recension de livre
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Recension de :
Claire Kebers

Thème :
Seniors

Date de publication :
Samedi 8/12/2007


Mots clés :
lecture, personne âgée, vieillissement

 
naissance de la vieillesse

Naissance de la vieillesse

« … si l’on perd des capacités, des possibilités, on en gagne d’autres. On se donne de nouveaux droits, celui de faire ci qui, pour mille raisons, était frappé d’interdit psychologique, celui encore de ne rien faire, de se laisser aller, de jouer avec le temps. Cette conquête d’une liberté est l’apanage d’une vieillesse réussie!».

Au travers des sentiments et des peurs, des acquis et des pertes, des métamorphoses de soi tant psychologiques que physiques, celles qui cernent ce que vieillir veut dire, l’auteur nous propose une sorte d’exploration du SENS à donner au vieillissement, à ses gains et à ses avatars.
Un livre qui, comme son titre l’indique, se veut moins axé sur le grand âge que sur les début du vieillissement, sur les signes avant coureurs imperceptibles, sournois, isolés, mais pour combien de temps encore !

Il est possible, écrit Olievenstein, « de tricher avec son propre regard, de minimiser la gravité des faits, de se dissimuler les symptômes » Il est infiniment plus dur d’échapper à l’étonnement d’autrui.

« dis-donc, tu trembles…. Ne fais pas semblant de perdre la mémoire…. »

Plus pénible encore, plus révélateur… le voile pudique qu’autrui met sur son regard pour ne pas vous blesser…

Un livre par ailleurs truffé de contradictions, mais elles ne sont qu’apparentes car il est vrai que vieillir, c’est contredire l’illusion d’une immortalité de soi. C’est ainsi que les propos d’Olievenstein, passant de l’optimisme au pessimisme, de l’angoisse à la sérénité et vice-versa, ne sont pas dépourvus d’une certaine cruauté sans laquelle la vérité qu’ils disent sur le vieillissement ne serait pas crédible.

Si « la naissance de la vieillesse, c’est l’entrée dans l’âge où la transmission peut s’accomplir » formule éminemment constructive et porteuse d’espérance, la vieillesse ne commence pas moins par « des blessures narcissiques ».

Un cortège de blessures d’amour propre et de pertes dont Olievenstein ne nous épargne pas les réalités.

Le reproche à lui adresser ne concerne certes pas la lucidité dont il fait preuve et qui donne à son ouvrage son poids d’ombre et de lumière, le reproche (si l’on peut dire) vise une sorte d’amertume sous-jacente continue derrière le propos.

« Qu’avons-nous fait pour que la punition soit d’être un objet fini dans un monde infini ? » demande Olievenstein.
Terrible interrogation non étrangère à une manière de vivre, de vieillir et de mourir que l’espérance menace de déserter.

Et pourtant le livre n’est pas triste, il met en exergue des réalités humaines auxquelles tôt ou tard nul n’échappe.

Larmes et sourires, abandons et retrouvailles, regrets et projets, peurs ancestrales et audaces évidentes émaillent ces pages dont les dernières se ferment sur le soleil de l’amour, l’invitation à la parole, le miracle de l’apaisement, la liberté d’être, le temps propice aux métamorphoses qui vont à l’essentiel, qui ne vont plus qu’à l’essentiel.

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