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Miradors de l'Abîme Collection Résidences - Edition de l'Arbre à paroles 2007.

Miradors de l'Abîme Collection Résidences - Edition de l'Arbre à paroles 2007.

Poème

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Auteur :
Horia Badescu.

Thème :
Poèmes

Date de publication :
Dimanche 30 Août 2009


Mots clés :

Les Editions de l'Arbre à paroles nous autorisent gracieusement à publier quelques poèmes extraits du Miradors de l'Abîme et sélectionnés par Anne Debra, formatrice au Cefem.

"Un petit ouvrage aux phrases courtes, dont les mots ont la densité du pain, l'imprenable de la lumière, la présence du silence. Comme un talisman dans la poche. Mais également comme un caillou jeté en avant.
S'ouvrir à la poésie, c'est rendre possible le partage d'une parole à jamais plurielle, une parole se rapportant à une expérience singulière qui excède les limites du langage ordinaire, faciliter les rencontres autour de la poésie qui se fait aujourd'hui, dessiner des voies de passage entre les poésies qui s'écrivent en diverses langues et proposer aux lecteurs de partager des découvertes......"Paroles, chemin de vie vers la mort."

Tout était déjà là ; Tout, et avant :

La main palpant le visage De l’oubli,

La lumière tarie des yeux,

Le grognement du silence

Et la tanière des jours Sans passé…

Tout était déjà là,

Vivre, Est tout qui te reste.

Se taire C’est dire le tout.

Du monde Sont vides tes yeux A présent

Et ton ouï n’est que La mémoire du silence.

Il y avait un jour Longtemps avant ;

Il y aura un jour Longtemps après ;

L’abîme N’est qu’une façon D’exister.

Dire tout C’est ne rien dire.

Rien De l’autre côté Du rideau ;

Le monde n’accouche que Du vide,

De la seule parole Du silence.

Sur le chemin sans chemin Dieu,

L’été indien de l’abîme.

Soleil et froid, Pourtant il va neiger ;

Un de ces jours : Peut-être.

D’antan ne reste Que les brumes d’une mémoire Oubliée,

Que des haillons de jours Et nuits.

Il va neiger Peut-être,

Un de ces jours Sur ton nom, Sur ta vie, Sur tes mots.

Elle tenait un matin Entre les mains,

Une lumière sans soleil,

Un sourire d’enfant Dans une larme ;

Elle tenait une lumière Entre les mains :

Dans la lumière de ses Yeux

Ta vie

Aux miradors des abîmes.

Une vie entière

Tu l’as eue ;

Passablement de souffrance Aussi

Pour pouvoir dire : J’ai vécu !

Compte les degrés De l’oubli,

Non ceux de la mémoire.

Une vie entière Tu l’as eue ;

Pour le reste Ce n’est pas toi Le comptable.


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