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Soins Curatifs, soins palliatifs, leurs différences, leur complémentarité

Soins Curatifs, soins palliatifs, leurs différences, leur complémentarité

Recension de livre
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Recension de :
Conseil d'administration

Date de publication :
Samedi 8/12/2007


Mots clés :
accompagnement, écoute, lecture

 

En ce début d’année 2006, qui fêtera les 20 ans du Cefem, nous sommes heureux de vous présenter le dernier livre de Claire Kebers qui fut la fondatrice du Cefem.

C’est en effet, avec 3 psychologues, 2 médecins et 1 avocat que Claire Kebers mit en chantier son rêve de créer un centre de formation pour toute personne en relation avec des malades ou des personnes en fin de vie.
Aujourd’hui, ce livre est un véritable testament que Claire Kebers nous livre.

C’est un livre qui parle de la réalité, telle qu’elle est, mais avec poésie ! Nous y retrouvons son immense expérience de thérapeute, de formatrice, d’animatrice et de bénévole au chevet du malade. Sa réflexion s’oriente autour de l’écoute et de l’accompagnement dont tous et chacun nous avons besoin, quelque soit notre rôle et notre place aujourd’hui.
Au delà de l’humanisation des soins à l’hôpital ou à domicile, comme malade ou comme personne en fin de vie, comme soignant, comme famille ou comme bénévole, Claire Kebers nous parle de notre humanité, c’est à dire, de la « solidarité avec ce qui en l’autre nous est semblable : notre humaine condition » (page 22)

« Il nous faut traverser l’acquiescement à la vie et à la mort »… Nul ne peut à la fois forger sa qualité de vie et nier ce qui en fait le prix : la mortalité ». Cette solidarité avec l’humain de l’autre, elle la définit comme « l’empathie ».

« L’empathie avec ce qui souffre ou ce qui se réjouit en l’autre n’est pas l’amour. L’on ne peut aimer tout le monde… l’empathie ne relève pas d’un sentiment mais d’un choix, d’une décision libre » (page 75)

Elle n’hésite pas à utiliser les termes de lien et de tendresse : « il arrive que le juste lien ait pour nom la tendresse » (page 133)
« Une tendresse dont nous pourrions dire qu’elle est un amour posé sur la pointe de la distance » (page 124)
En effet, loin de s’engouffrer dans des sentiments ou des qualités de cœur qui pourraient aboutir à un étouffement, à une négation de ce que vit l’autre en face de nous, l’auteur plaide pour une écoute, un accompagnement réfléchi : « Écouter sans angoisse l’angoisse de l’autre demande une formation, une réflexion, une avancée à l’intérieur de soi » (page 99)

Le signe de cette avancée à l’intérieur de soi est la quête de vérité, vérité vis-à-vis de nous-mêmes d’abord : discerner en toute honnêteté nos motivations, ce que la maladie, la vieillesse et la mort suscite en nous comme peurs, peur de la souffrance, de la perte d’autonomie, de la déformation de notre image de nous...

Vérité ensuite vis-à-vis de l’autre : comment « être » en vérité face à lui, avec nos fragilités, nos angoisses reconnues afin que celles-ci ne se projettent pas sur lui, ou, pour éviter de nous identifier à lui.

C’est en effet, à partir de ce lieu de vérité-là que nous devenons libres. Libres pour trouver les mots justes et « vrais » pour annoncer une mauvaise nouvelle, pour écouter et soutenir le désarroi et la souffrance.

Claire Kebers nous redit combien l’écoute et la disponibilité à l’autre sont avant tout de l’ordre du désir que l’on a d’être présent : « il s’agit d’un état intérieur à soi-même qui, malgré les obstacles extérieurs, révèle une manière de prendre soin du malade, une manière de respecter et de reconnaître la présence d’un proche».

Mais, au-delà du malade, Claire Kebers nous guide aussi sur le chemin du « prendre soin de soi-même » afin de garder intact ce désir d’écoute et d’accompagnement.

Prendre soin de soi, c’est oser d’abord parler, de préférence en équipe, de sa fatigue, de son découragement, de sa colère, de son chagrin, de ses sentiments contradictoires d’amour et de haine, d’espoir et d’envie d’en finir.

L’auteur nous parle de la « nécessité impérieuse » de lieux de parole ou de supervision. Ces lieux où l’on peut se dire en toute sécurité, poser des questions, se remettre en question, trouver des réponses. Pour les soignants et les accompagnants, ils sont le gage de la durée de leurs ressources pour accompagner et soigner.

Mais ces ressources, les soignants et les accompagnants les trouvent aussi dans « leur intériorité, leurs forces vives, leur formation, leur bonheur de vivre, l’expérience de leurs épreuves personnelles ».

C’est dire encore combien il est important de prendre soin de soi.

Claire Kebers nous parle enfin « d’oser la vie » au chevet du malade et du mourant.

Cela nous pose la question du sens de la vie et nous renvoie aux grandes questions existentielles.

Quelles que soient les réponses que nous y donnons chacun, elles sont primordiales pour « la restauration d’une qualité de vie et de relation au cours de la maladie et pour la qualité de l’accompagnement lui-même. »…

« La personne malade a, avant tout, besoin d’être reliée à ce qu’elle a été et à ce qu’elle a aimé et d’être fidèle à ce qu’elle était avant la maladie.

C’est dans le regard de l’autre et le toucher de ceux qui l’approchent qu’elle trouve la confirmation de la valeur d’elle-même. » (page 113)

Oser la vie, n’est-ce pas ce que Claire Kebers fait, en nous offrant ce beau livre à lire à partir de notre humanité et de notre vérité ?

Où acheter le livre ?

Soins Curatifs, soins palliatifs, leurs différences, leur complémentarité

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