Auteur :
Le Cefem
Thème :
Développement de soi
Date de publication :
dimanche 26 octobre 2008
Mots clés :
bénévole, formation, écoute, soin palliatif, accompagnement
Le bénévolat a du mal à casser l’image qui lui colle à la peau : celle des gentils amateurs façon « dame patronnesse », dont l’unique tâche serait de servir le café aux hospitalisés. Aujourd’hui pourtant, les bénévoles sont souvent formés à agir de façon professionnelle !
Quand on évoque le bénévolat, le cliché des gentils volontaires du « père Noël est une ordure » n’est pas très loin.
Les idéalistes dévoués mais pas nécessairement doués ne sont pourtant plus l’apanage du bénévolat ! Aujourd’hui, la plupart des secteurs faisant appel aux bénévoles attendent qu’ils assument leur engagement avec une rigueur professionnelle, sans toutefois prendre la place des professionnels…
Tout un art qui nécessite souvent des formations, tant du côté des bénévoles que de ceux qui sont amenés à gérer leurs équipes.
On ne s’improvise pas bénévole
Ce pourrait être le leitmotiv de l’Association pour le volontariat : depuis 1974, cette plate-forme, qui réunit près d’un millier d’associations à bruxelles et en Wallonie, coordonne et promeut le volontariat en communauté française… le centre Bruxellois et ses antennes wallonnes jouent un rôle d’interface entre les personnes désireuses de s’engager dans le bénévolat et les associations demandeuses.
L’objectif ?
Placer la bonne personne au bon endroit:
Parce qu’un bénévole heureux est un bénévole qui dure, explique Hélène de Callatay, coordinatrice de l’association à laquelle, rien que pour Bruxelles, s’adressent chaque année, quelques 600 candidats bénévoles.
« Avant d’orienter les gens, nous jouons un rôle de filtre : beaucoup de gens arrivent sans savoir exactement ce qu’ils veulent faire, simplement avec l’envie de se rendre utile. Mais il arrive aussi que certaines personnes confondent l’engagement bénévole avec une thérapie personnelle …
Aux alentours de Noël par exemple, on voit beaucoup de personnes seules qui évoquent l’envie de s’engager pour ne pas rester dans cette solitude. Pour cette raison, l’association pour le volontariat ne se contente pas d’une simple demande pour divulguer la liste des possibilités d’activités bénévoles offertes par les associations membres… Bien sûr, le volontariat peut être une passerelle pour ceux qui ont eu un moment de fragilité, un moyen de se restructurer, mais il est essentiel pour cela d’être bien encadré.
Pour éviter un nouvel échec qui pourrait être à l’origine d’une rechute, il est important d’analyser les attentes des deux parties, de faire en sorte que se rencontrent deux histoires adéquates. »
Les formations sont souvent encouragées, voire exigées par les associations.
Souvent payantes, parfois de longues durées et éprouvantes, elles sont un nouveau garant du professionnalisme des bénévoles.
Elles sont particulièrement importantes dans certains secteurs comme celui des soins palliatifs… Bien sûr, comme l’explique Claire Kebers, psychothérapeute, fondatrice de l’ASBL CEFEM, formatrice en soins palliatifs : « le bénévolat repose sur une éthique mais aussi sur des éléments personnels à chaque bénévole :
Au-delà de l’engagement, du respect des personnes, des différences, des croyances et de la discrétion dans laquelle le bénévolat s’inscrit, il est capital de savoir se remettre en question, de savoir écouter sans activisme, sans dogmatisme, sans directivité intrusive, et indispensable de connaître ses propres fragilités, ses impuissances et ses frustrations…
Autant de compétences relationnelles qui ne s’acquièrent pas du jour au lendemain : c’est pour cette raison notamment que les formations s’étalent souvent sur plusieurs semaines afin de permettre aux participants de bénéficier d’un temps de maturation entre les séances et éviter ainsi certaines résistances. »
Pour que chacun s’y retrouve.
Ce type de formation n’a pas pour unique vocation de développer les compétences des bénévoles. Il s’agit aussi d’offrir un « plus » au bénévole, tout comme au travers de la satisfaction qu’il pourra trouver dans l’expérience offerte au sein de l’association dans laquelle il s’engage. Comme en témoigne une bénévole du Centre de Prévention du Suicide : « on vient d’abord ici pour soi. J’avais pas mal de questions dans ma vie et je ressentais l’envie de m’écouter à travers les autres.
On se retrouve un peu dans les autres, et c’est quand on s’y retrouve trop que c’est difficile.
Nous sommes dans une relation très proche car en quelques minutes on doit aller au but. C’est un fameux voyage, un voyage qui me permet chaque fois de mieux me connaître. Un échange que je ne retrouve nulle part ailleurs. Dans les appels téléphoniques mais aussi au sein même du Centre, j’ai toujours senti que je pouvais prendre le risque d’être moi-même, de dire… C’est grâce à la confiance que les formateurs m’ont donnée. Une confiance qui me fait avancer.
Offrir aux bénévoles cette possibilité de développement personnel, c’est, pour le Centre de Prévention du Suicide comme pour tant d’autres associations, un moyen de fidéliser les bénévoles, de les garder le plus longtemps possible.
C’est aussi parce qu’il est difficile d’obtenir des engagements de longue durée que des formations s’adressent aux responsables d’équipes bénévoles… Pour que les bénévoles agissent en professionnels et qu’ils puissent recevoir le juste retour de leur engagement solidaire.
En savoir plus
Tel : 02/219 53 70
www.volontariat.be
2. Centre de Formation à l’Écoute du malade (cefem) :
tel : 02/345 69 02
www.cefem.be
3. Sirius-Accompagner la vie :
Tel : +32 (0) 83 21 24 94
http://users.swing.be/sirius
Formation pour accompagnants bénévoles en soins palliatifs
au Cefem ou en institution :
renseignements en page 19 de notre bulletin
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