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La mort d’une mère

La mort d’une mère

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Thème :
Deuil

Date de publication :
samedi 8/12/2007


Mots clés :

 
La mort d'une mère

La mort d’une mère.

« La mort d’une mère » Hope Edelman,

« Je voudrais que ce livre parle de la vie. Et pourtant, il s’ouvre sur la mort d’une femme, ma mère… », écrit Hope Edelman, auteur de « la mort d’une mère », livre dans lequel elle rapporte le témoignage de celles qui ont perdu trop tôt leur mère.

Toutes s’accordent à dire que quand on a perdu sa mère, particulièrement quand le décès intervient prématurément, « les réactions de deuil s’espacent avec le temps, mais la nostalgie cruelle, elle, ne s’en va jamais »

Sorte de présence au creux de l’absence qui rôde, prête à surgir à tout moment, n’importe où, sous de multiples formes tentaculaires. Rien que de très normal à cela .

« Et voilà pourquoi on peut très bien se retrouver à vingt-quatre ans, pliée en deux de chagrin en déballant un cadeau d’anniversaire, en descendant solennellement la travée d’une église ou en traversant une rue animée, et pleurer une mère morte quand on avait dix-sept ans. »

Il n’y a pas, insiste l’auteur, de bonne ou de mauvaise façon de perdre un être cher. Il n’y a que « plusieurs espaces d’enfer » disait un adulte de vingt-six ans.

Toutes les causes de décès sont douloureuses mais toutes les causes n’entraînent pas les mêmes effets, les mêmes manières de vivre son deuil. Il y a la colère dirigée contre la mort par suicide, avec les sentiments de culpabilité ou dans tous les cas les interrogations qui en découlent. La peur et le sentiment d’impuissance face à la longue maladie incurable. La sidération et le bouleversement qui suivent une mort brutale par accident. Les sentiments de perte et d’abandon lors de la séparation du couple parental, souvent associée à une forme de mort.

Et l’auteur de poser la question : « quelle est la forme de perte, soudaine ou étirée dans le temps, la plus supportable ? » Il apparaît que le décès subit est, dans l’immédiat plus difficile à vivre, fut-ce parce que les proches, en un temps aussi bref que possible, sont obligés à tous les réajustements nécessaires à la famille, et ceci quand le choc est encore à son maximum. La longue maladie quant à elle permet aux proches de se parler, de pleurer, de prévoir l’avenir et de s’y préparer progressivement. Encore que, tant que la malade est là, à pleurer et à rire avec vous, vivante, et vous l’aimant en prenant infiniment soin d’elle, la préparation au deuil est loin de l’emporter dans la balance de la vie et de la mort.

Difficile, il faut le reconnaître à un stade avancé de la longue maladie et du deuil anticipé prolongé, de ne pas se surprendre à avoir besoin de se remettre à vivre normalement.

Difficile aussi pour les proches d’accepter la mort par suicide. Il s’agit là de l’expérience de la mort la plus mal vécue par l’enfant, ce qui nécessite que les adultes qui l’entourent soient attentifs à ses réactions, à ce qu’il dit et surtout à ce qu’il ne dit pas. Lorsque à tort ou à raison, des sentiments de culpabilité s’infiltrent dans le processus de deuil, questions et réponses mais particulièrement questions sans réponses s’y inscrivent douloureusement et pour toujours.

Après la mort prématurée de la mère, d’autres aspects du deuil retiennent justement l’attention de Hope Edelman. La manière dont la petite fille va exiger de son papa qu’il devienne comme une mère. La manière qu’aura la fille de devenir mère à son tour et de veiller sur ses enfants. La manière d’avoir besoin d’un homme et de créer une famille à l’abri de la mort. La manière de se créer des amitiés féminines, de s’impliquer dans une profession et d’y réussir. En un mot de « compenser » la perte première !

Le véritable défi, écrit l’auteur, « ce n’est pas d’enterrer cette expérience de jeunesse, mais au contraire de la comprendre, de l’accepter et de l’empêcher d’interférer avec notre existence d’adulte ».

C’est évidemment là tout le travail du deuil dont il est question. Néanmoins, s’impose une interrogation : Hope écrit, entre autres réflexions, que la meilleure façon de se séparer de sa mère a été de « survivre ».

Pourquoi survivre plutôt que vivre ? C’est bien là tout le parcours du deuil, de tous nos deuils, particulièrement ceux qui nous affectent le plus : passer de la survie obligée à la vie choisie ou re - choisie.

Cela ne se fait pas en un jour, en un livre…

Le chagrin a lui aussi ses saisons et ses itinéraires.

Claire Kebers

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