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Faire son deuil vivre un chagrin

Faire son deuil vivre un chagrin

Recension de livre
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Recension de :
Claire Kebers

Thème :
Deuil

Date de publication :
samedi 8/12/2007


Mots clés :
mort, deuil, souffrance

 
Faire son deuil, vivre son chagrin

L’auteur, psychologue clinicien, docteur en sciences médicales, professeur à la faculté de médecine de la KUL, ne s’en tient pas à une théorie sur le deuil, il nous parle comme si nous y étions, dans le deuil et le chagrin. C’est ce qui donne à sa parole une humanité et une authenticité peu communes.

Parole pour dire la perte, en soulignant que chacun la ressent de manière chaque fois unique. Parole pour dire les chemins du chagrin qui trace ses sillons dans « le travail du deuil ». Paroles pour dire les émotions et les réactions de chacun, quand bien même, « le chagrin est toujours différent », ne fût-ce que la différence entre hommes et femmes.

Parole d’un auteur qui ne craint pas les vagues de sa sensibilité pour dire ce qu’il advient de la perte du conjoint, et que dire de celle d’un enfant ! Sentiments de solitude, de perte d’identité, de culpabilité, insondable mystère de ces vies fauchées en plein soleil de l’âge, suicides et disparitions jamais élucidées, comment ces pertes burinent-elles ceux et celles qui ont la redoutable tâche de les traverser ! Parole pour dire la mort d’un parent qui oblige la génération suivante à quitter son enfance.

« Aucun âge n’est plus facile ou difficile quand on perd un parent » parce que « c’est bien plus complexe qu’une question d’âge ».

Parole pour dire « les pertes non reconnues », celles qui, au regard d’une société performante, n’osent pas se donner à voir et moins encore à se dire. Le sida, les relations extra - conjugales, les maladies mentales, les chagrins au fond du cœur et de l’âme, les blessures d’amour-propre et les échecs, y compris professionnels entraînent des silences devenus des remparts qui protègent des regards d’autrui.

Parole encore pour dire les pertes qui ne sont pas considérées comme telles, du moins considérées comme des pertes significatives, donc d’autant plus douloureuses et difficiles à dépasser, à intégrer dans son histoire personnelle : un avortement, un enfant mort-né, donner son enfant en adoption sont des pertes « dont l’effet de deuil est trop souvent sous-estimé »

Parole pour dire l’enfant et la mort « deux notions qui apparaissent éloignées l’une de l’autre ». Des grands-parents, un parent, un frère, une sœur, un copain ou une copine, un professeur à l’école, le chien ou le chat sont « des rencontres possibles avec la mort ».

Sans parler des suites d’une séparation ou d’un divorce du couple parental.

« l’enfant ne peut être épargné par la perte », il la vit, la ressent plus souvent que les adultes le croient.

Néanmoins, parole pour dire, au long de 250 pages, que la vie est plus forte que la perte, que le deuil et le chagrin peuvent conduire vers « une nouvelle vie », que le bonheur et la fête, oui, la fête, se donnent rendez-vous après le travail de deuil.

Recension proposée par Claire Kebers

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