
C’est avec confiance et enthousiasme que j’ai accepté de reprendre le flambeau en devenant Présidente du CEFEM.
J’y étais déjà administrateur depuis plusieurs années. Ayant travaillé en milieu hospitalier pendant près de 10 ans, j’ai pu vivre cette expérience de la maladie grave et de son issue, la mort. J’ai pu prendre la mesure de ce que “accompagner” veut dire. J’y ai appris la nécessitéde se former à “écouter”. Cela semble un mot si simple, si naturel, intrinsèquement lié à notre qualité d’“être parlant”. Et pourtant, écouter me semble aujourd’hui un art qui, comme tout art, demande un apprentissage et beaucoup de travail sur soi, sur nos convictions, sur nos attentes, sur nos désirs, sur nos croyances... C’est à travers cette transparence à nous-mêmes que nous pouvons réellement nous ouvrir à l’autre.
L’éthique dont nous souhaitons faire notre leitmotiv au CEFEM concerne le respect de la personne tout entière. Respect de la personne malade bien sûr mais aussi respect de l’accompagnant: soignant, non-soignant, famille, bénévole... Respecter l’autre et se respecter soi-même. Adopter un nouveau mode de relation, adapté aux rythmes et aux circonstances de la vie, mettre à l’épreuve sa capacité de rester là, au plus près de son émotion et de celle de l’autre, en présence de sa difficulté de dire, de trouver les mots, conscient de ce que le respect de l’autre et de soi-même naît dans le creuset de l’amour vrai.
Nous souhaitons aujourd’hui diversifier nos formations afin de nous ajuster à une société dont les besoins s’amplifient et se modifient. Si les formations en soins Palliatifs sont toujours très présentes dans nos formations, nous voulons aussi prendre en compte les réalités de l’état de notre population en Belgique : une population vieillissante atteinte de maladies chroniques (Alzheimer, Parkinson...) qui demandent de la part des «aidants» beaucoup d’investissement de temps et d’énergie ainsi qu’une très grande présence affective. Pour tenir le coup dans la durée, il est indispensable pour ces «aidants» de pouvoir s’informer mais aussi de pouvoir se donner du temps pour développer leur créativité propre et ainsi garder leur joie de vivre. C’est dans cette voie que nous voulons orienter nos nouvelles formations.
Je terminerai en disant que le CEFEM fêtera ses 20 ans l’année prochaine et que nous voulons y conserver sa philosophie depuis sa création: mettre toujours plus d’humain au coeur de notre humanité.